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A la rencontre de la maison Lareymondie

Implantée dans le quartier de Soho à New York, la maison Lareymondie est une ambassadrice du savoir-faire et de l’élégance à la française.
Maylis Delacoste Lareymondie a su parfaitement allier la qualité française aux exigences new yorkaise.
C'est au sein de l’atelier Courbet que Maylis et Sonia nous reçoivent pour partager un moment enchanteur.

Bonjour Maylis, merci de nous recevoir dans ce bel atelier (ndlr : Atelier Courbet à New York). Comment a débuté l’aventure de la maison Lareymondie ?

La maison est assez récente. J’ai travaillé à Wall Street plusieurs années. Le jour de mes 30 ans j’ai décidé de démissionner et de faire quelque chose de créatif, qui me tenait à cœur.
Je viens d’une famille aristocratique du XIIème siècle, l’équitation fait partie de mon éducation.
Nous avons un château familial dans le sud de la France où nous possédons quelques chevaux. J’avais des paires de bottes faites sur-mesure, fabriquées par des maîtres bottiers de ma famille.
Quand j’étais à Wall Street, je voyais beaucoup d’hommes qui se faisaient faire leurs chaussures sur-mesure, j’étais un peu frustrée car pour les femmes les chaussures sur-mesure sont extrêmement rares.
Je portais à l’époque ces bottes d’équitation sur-mesure avec une robe, des leggings et tout le monde m’arrêtait dans la rue pour savoir où je les avais achetées. En réalité ces paires n’ont pas été achetées dans une boutique. Elles sont l’œuvre d’artisans bottiers. L’idée de faire des chaussures sur-mesure est née de là. J’ai contacté les maitres bottiers qui faisaient nos paires de bottes depuis des générations et je leur ai proposé de travailler ensemble.

Le nom de votre maison Lareymondie, c’est un nom prestigieux. C’est surtout votre histoire…

Je trouvais que Lareymondie sonnait très bien, par ailleurs c’est aussi mon nom de famille.
Je fais partie de la famille Delacoste Lareymondie. Une seule famille porte ce nom en France mais ses membres sont extrêmement nombreux.
L’origine de notre famille remonte au XIIème siècle. Notre famille est originaire du Sud de la France et fut anoblie par le comte Raymond VII de Toulouse. D’où le « Reymond » dans notre nom de famille.

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Vos créations doivent sûrement refléter l’héritage, la noblesse et la réputation de ce nom prestigieux ?

C’est exact.

Les Lareymondie représentent une famille aristocratique très ancienne dont les valeurs sont belles. Rapprocher ce nom et cette marque qui exporte le savoir-faire français faisait sens.
Par ailleurs, dans ma famille, nous sommes très proches des chevaux. On peut en retrouver sur nos armoiries. Le lien avec les bottes était donc tout trouvé !

On comprend donc l’importance que vous portez aux bottes…

Oui, c’est dans l’ordre des choses que notre produit phare soit la botte cavalière. Mais j’aime aussi proposer des gammes différentes comme des loafers et des souliers pour homme.

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Concrètement, comment se passe la fabrication de vos produits ?

Le client est amené à tout décider, de A à Z. Cela nécessite une prise de rendez-vous. Il décide du design, des décorations, des perforations. Il choisit également le type de cuir, des coutures et des couleurs de semelles. C’est du sur-mesure et je suis, moi-même, une porte-parole du désir de mon client auprès des maîtres bottiers. L’artisan bottier lui, va mettre tout son cœur et son talent dans la fabrication de produits uniques, en respectant ce désir du client. C’est du vrai sur-mesure.

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Parlez-nous un peu des artisans avec lesquels vous travaillez ?

Je travaille avec plusieurs maîtres bottiers en fonction des collections. Ces artisans sont tous en France, principalement aux alentours de Cholet qui est la capitale de la chaussure.

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Vous ne faites pas seulement du sur-mesure, vous avez aussi une ligne de loafers (les loafers sont des mocassins NDLR) qui se déclinent en petite mesure. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

J’ai dessiné les premiers modèles de loafers avec l’appui des maîtres bottiers en m’inspirant des désirs de clients avec lesquels j’ai l’habitude d’échanger. Au-delà du design, il m’est aussi arrivé de leur proposer de nommer le modèle avant de le faire rentrer dans la collection de petite mesure.

J’aime cette approche partagée. Je ne pars pas du principe que je suis la seule à avoir un sens artistique : Tout le monde à un sens artistique propre et je prends un plaisir fou à voir des clientes qui se font faire leurs paires de bottes chez nous participer au processus de création.

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En résumé, acquérir une paire de chez Lareymondie c’est faire ressortir sa personnalité ?

C’est complètement ça. Chaque paire est unique. Evidement nous sommes là pour accompagner, mais notre but c’est de faire ressortir, de mettre en musique le désir du client. Cela se fait souvent en plusieurs étapes. La cliente peut commencer par nous dire comment elle veut se sentir… Nous sommes là pour la guider et lui expliquer si on se dirige sur un modèle classique, ou sur des choses plus travaillées.

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La maison Lareymondie est gage de qualité, d’authenticité et de savoir-faire. Vous avez choisi pourtant de vous implanter en plein New-York, ville cosmopolite où tout va très vite. Comment avez-vous pu imposer votre style dans cette ville ?

Les gens sont très curieux et très ouverts ici. Je pense que le côté cosmopolite n’est pas en contradiction avec une approche élégante et classique.
New York est extrêmement francophile et ouverte sur l’univers de la mode.
Paris est reconnue comme la capitale de la mode et la qualité française est appréciée.
Le made in France est une valeur sûre. La France est un pays qui exporte son savoir-faire depuis longtemps. Il faut aussi s’appuyer là-dessus.

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Pouvez-vous nous parler de la différence entre la mode parisienne et la mode new-yorkaise ?

(Rires) A vrai dire je ne sais plus trop ce qu’est la mode française.
A New York le design est plus fou, plus excentrique. A Paris le design est plus classique. Par exemple si on crée une paire de chaussures avec un motif léopard ou zèbre ou en poulain couleur rouge, à New York se sera un succès mais à Paris ce sera invendable… En France, en Scandinavie et même en Grande-Bretagne, il y a des codes d’élégance qui n’existent pas à New York.
A New York le style c’est « soyons fous », il est moins conformiste. Ce qui compte c’est la recherche de la pièce unique, la pièce que personne d’autre ne peut trouver. Les gens essaient de se différencier. Tout ce qui est nouveau est intéressant.
A Paris c’est plus le « minimalisme chic » qui domine. Au moins, on est sûr de ne pas faire de faute de goût.

Et vous, c’est quoi « votre New York » ?

Pour l’instant c’est travailler et faire connaître la marque !
Quotidiennement, mon New-York à moi c’est un New-York d’entrepreneur.
C’est aussi rencontrer énormément de personnes, de créateurs.
C’est faire des événements, aller dans les Hamptons rencontrer des personnes intéressantes sur les nouvelles tendances. Le réseau c’est très important à New York. Mais en même temps je ne délaisse pas mes attaches françaises : Je suis très présente dans la communauté où je partage mon expérience.
J’essaie de faire cohabiter les deux cultures.

Maylis, vous maîtrisez les codes de la mode et du style français et vous êtes à l’aise dans la société new yorkaise. En clair tout va bien pour vous ici ?

Tout, je ne sais pas, mais c’est vrai que c’est une vie très épanouissante.
Je suis ravie de pouvoir utiliser mon expérience dans la finance pour monter une boîte, et en même temps d’utiliser mon côté créatif dans l’univers de la mode.
Quand j’organise des évènements j’ai mes amies de Wall Street qui viennent découvrir ce monde de la création. J’ai aussi l’occasion de rencontrer d’autres femmes entrepreneures.
Oui, c’est vraiment une vie très riche et très épanouissante.

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Et bientôt un atelier Lareymondie à Paris ?

C’est dans nos projets, en effet. A mon avis, dans les 3 prochaines années si tout se passe bien.
J’aimerais vraiment un atelier. Ma vision est de rapprocher le client final du producteur : un atelier-boutique à Paris serait parfait.
Il y a un partage à faire, montrer comment est faite la paire de chaussures. Il y a toute une histoire. La fabrication doit correspondre aux valeurs et à la philosophie du client. Les clients doivent savoir d’où vient leur paire et pourquoi ils la porte.
Il y a aussi ces maîtres bottiers dont on ne parle pas souvent, qui sont des amoureux de la chaussure et du savoir-faire. J’ai besoin qu’ils soient reconnus comme de vrais artistes.

Comment voyez vous l’avenir de la maison ?

Tout d’abord, j’aimerais que chacun des artisans avec qui je travaille soit reconnu en tant que tel. J’aimerais être la marque leader sur ce créneau de la botte sur-mesure pour femme et avoir une communauté de femmes qui me suivent et qui se reconnaissent dans mes valeurs. Je veux proposer aux femmes des services similaires à ceux qu’on propose aujourd’hui aux hommes.
Les hommes aussi sont les bienvenus chez nous mais l’ADN de la maison c’est d’abord le sur-mesure pour femme.

Y aurait-il une pointe de revendication féministe dans votre vision ?

Oui, sûrement, mais pas d’esprit de revanche.
D’une certaine manière, je veux faire les choses différemment : Les grandes maisons font du sur-mesure pour homme. Finalement, c’est le marché qui veut ça, on ne remet pas en cause les choses.
Mais à côté, il y a beaucoup choses à développer. C’est ce que j’essaye de faire.

Merci Maylis et Sonia pour ce moment, nous avons hâte de vous retrouver à Paris.

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